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De retour! > Camille Postollec > Madagascar > Mains marquées
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| Mercredi 8 Juin |
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Mbola Tsara !
Quelques nouvelles malgaches alors que je décompte les jours et que je me dis quil y a encore plein de choses que je voudrai faire. Cest incroyable comme le temps a passé vite. Jai pensé prolonger mon séjour à Diego mais ce nest pas possible car je dois aller à Tana rencontrer le collège dAmbatofahavalo avant que ce soit les vacances.
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Cette semaine, jai dû dire au revoir aux deux classes de 10ème dans lesquelles jintervenais. A la fin de lheure, trois élèves se sont levés et mont fait un discours de remerciements en portant des cadeaux qui métaient destinés. Je ne my attendais pas du tout. Le premier cadeau était une enveloppe, toute décorée de dessins et de fleurs. A lintérieur, il y avait les goûters de certains enfants et de nombreux billets. Certains parents donnent chaque jour un billet de 500 fmg (1 : 12000fm) à leurs enfants pour quils achètent un goûter aux nombreux marchands qui jonchent les trottoirs.
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Les enfants mont donc tous offert soit leur goûter, soit leur argent. Jétais très gênée. Lenseignant a récupéré largent pour le rendre aux enfants car je pouvais difficilement laccepter. Lautre cadeau était un magnifique petit panier malgache. Ils sont terribles. Ils nont rien et ils donnent tout. Lautre jour, quelquun est venu moffrir un chapeau au marché ! On ne verrait jamais ça chez nous. Sinon, je suis partie trois jours en brousse pour découvrir la ferme de Sur Jeanine. Cétait vraiment très riche. Jai fait la rencontre dun magnifique village et à nouveau, jai eu le plaisir de voyager en taxis brousse ! Certes, le confort nest pas de la partie mais la bonne humeur générale et les paysages magnifiques font oublier le mal de dos.
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Jai également pris pas mal de temps pour discuter avec Sur Jeanine. Elle ma expliqué plus profondément lhistoire de tous les enfants qui sont actuellement à la Sainte Famille. Elle fait vraiment un travail terrible. Ils ont tous vécu des choses vraiment difficiles et arrivent tous à la Sainte Famille entre la vie et la mort. Malgré cela, elle arrive à tous les remettre sur pied et à leur redonner confiance en la vie. En lécoutant, jai repensé à un livre que jai lu qui correspond exactement à lhistoire de ces enfants mais chez nous. Il remplacera toutes les explications que je pourrai vous donner. Peut-être que certains le connaissent déjà ?« Plus fort que la haine » de Tim Guénard. Cest une autobiographie qui par son succès a été suivie dun deuxième livre du même auteur. Cest un livre difficile mais plein despoir. Je vous le conseille vivement ! Sinon, jai également goûté aux plaisirs du travail à la ferme version bien plus artisanale que chez nous. Mes mains en restent marquées
Malgré cela, cétait très intéressant.
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Enfin, jai rencontré lassociation Aide et Action (spécialisée dans le parrainage denfants) afin de mieux comprendre la situation scolaire dans la région dAntsirana. Javais déjà rencontré une association de ce type à Majunga . Je nai pas eu le temps dapprofondir la documentation que lon ma fourni à Diego mais à Majunga, un chiffre parle de lui-même : 60% des enfants de la région ne sont pas scolarisés. Le problème est vraiment important. Les effets du manque déducation sont présents dans tous les domaines du pays.
Je pense que cest vraiment là dessus quil faut travailler pour que le pays sen sorte. Malheureusement, je me rends compte que cest bien plus compliqué que ça y paraît. Certaines ethnies ne perçoivent pas du tout lintérêt de lécole. Sûrement encore par manque déducation. Cest le serpent qui se mord la queue. Il y a également le problème des enfants qui travaillent (ils sont très nombreux). En amenant un enfant à lécole, cest toute une famille qui perd un salaire. Il ny voit donc aucun intérêt. Et puis, il y également la qualité de léducation. Les écoles publiques sont catastrophiques à limage de la description que je vous faisais de lhôpital. Le seul enseignement valable est en école privée. Malheureusement, lenseignement y est payant. Beaucoup de familles ne peuvent se le permettre et namènent donc pas leurs enfants à lécole. Sur ces paroles, je vous laisse. A très bientôt. Veloma. Camille
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