 |
|
 |
 |
De retour! > Camille Postollec > Madagascar > Les Gens du Village
 |
 |
| Lundi 13 Juin |
 |
|
 |
 |
Mbola tsara!
S'ayez, mon périple prend fin. J'ai déjà du tourner pas mal de pages ces derniers jours. J'ai terminé mes cours à l'école. Dans chaque classe, j'ai d'ailleurs été couverte de cadeaux ou de dessins. J'ai égalemnt vécu ma dernière baissée du drapeau malgache; toujours aussi fort. Sinon, depuis quelques temps, j'ai pris la décision de quitter l'orphelinat une semaine avant de partir de Diego car entre l'école et la Sainte Famille, mes journées ont été très remplies et je n'ai absolument pas pu travailler un projet sur lequel je m'étais engagée auprès de l'association Diégo-Brest: la création d'un pôle éducatif dans l'association et notamment, la mise en en place d'un système de parrainage scolaire. Cette dernière semaine me permettra d'approfondir ce sujet et également, de me poser un peu à Diégo, magnifique ville dont je n'ai pas encore pu suffisamment profiter.
|
|
 |
 |
|
J'ai donc quitté l'orphelinat samedi dernier. Vendredi soir, nous avons fait une grande fête. Les enfants et Soeur Jeanine m'ont vraiment gâtée: cadeaux, chants, danses... Ce fut très difficile de les quitter. Néanmoins, j'ai promis de passer tous les jours les voir avant mon départ même si je sais que ça ne sera pas pareil. Ce sont vraiment des enfants très attachants. Ils sont d'une gentillesse et d'une politesse déconcertante après tout ce qu'ils ont vécu. Soeur Jeanine a vraiment un pouvoir éducatif impressionnant. Elle tient sa grande famille avec beaucoup d'amour et de fermeté ce qui aide chacun à retrouver un droit chemin.
|
|
 |
 |
|
J'ai eu également la chance d'annoncer vendredi soir une grande nouvelle aux enfants: leur maman vient d'être promue Officier de l'Ordre National du Mérite par le président de la République Française. Elle avait déjà été décorée chevalier il y a 9 ans. Elle ne sait pas du tout qui a sensibilisé l'Etat français à son oeuvre car elle travaille vraiment dans la discrétion. C'est un grand mystère. Ca fait vraiment plaisir de voir que son travail est reconnu. Petite annecdote quand même, ils ne lui versent bien sûr pas d'argent mais surtout, ils lui demandent de payer sa médaille... Avant mon départ de l'orphelinat, les enfants m'ont invitée à la fête de leur école. Cette fête se déroule sur deux jours. Le premier jour est plus accès sur la religion avec une grande messe et le second est plus festif car tous les enfants mangent ensemble (ici, c'est un moment exceptionnel car dans les écoles, il n'y a pas de cantine).
Mes cours à l'école ne m'ont permis d'assiter qu'à la messe. L'église était remplie de plus de 2500 élèves qui n'ont cessé d'entonner de magnifiques chants malgaches rythmés par de nombreux instruments dont une batterie! Je peux vous assurer que les Choristes sont largement détrônés. Certains enfants ont également présenté des danses traditionnelles. Bref, pour moi, c'était vraiment un moment magique.
|
|
 |
 |
|
Je reviens je pense pour la dernière fois sur l'histoire un peu moins magique de Matthieu. La semaine dernière, j'avais réussi à négocier avec Soeur Jeanine l'autorisation d'aller le voir. Malheureusement, le chef de la ferme de Soeur Jeanine n'a pas accepté car il trouvait que c'était trop dangereux. En effet, je ne m'étais pas rendue compte de cela, mais la plupart des gens du village ont pensé que j'étais venue pour adopter Matthieu. Ils pensent que Soeur Jeanine veut faire du business avec lui. Le chef de ferme est persuadé que si on retourne le voir, cela va renforcer cette idée. Les gens vont se dire que Soeur Jeanine tient vraiment à cet enfant et qu'elle doit donc forcemment y avoir un intérêt. Notre retour au village est donc trop risqué pour la Sainte Famille. Il faut replacer cette idée dans un contexte où l'enfant n'a pas du tout la même place que chez nous.
C'est d'ailleurs impressionnant la différence de générations qu'il y a par rapport à chez nous. Ici, les personnes âgées sont vraiment très rares et les rues sont pleines de jeunes et d'enfants. Le taux de fécondité est bien plus important (5.4 enfant par femme) et l'âge moyen de vie est bien plus faible que chez nous. Je crois qu'il y a près de 30ans d'écart par rapport à chez nous... D'ailleurs, la situation du peu de personnes âgées qu'il y a ici, est catastrophique. Dans la rue, on en voit beaucoup qui mendient dans des états physiques assez effrayants. Et oui, ici pas de maisons de retraite et encore moins de RMI. A chacun de se débrouiller. Seulement, quand on en n'a plus la force physique pour travailler et gagner son pain, cela devient de la survie quotidienne...
|
|
 |
 |
Aller, une dernière note positive: je viens de m'offrir un week-end "Robinson Crusoe" avec des amis sur une plage déserte et complètement isolée de toute habitation... Encore un grand moment. Sinon, pour info, je pars dimanche de Diego direction Tana où je me rendrai au collège d'Ambatofahavalo durant au moins 2 jours. Ensuite, je quitte Madagascar pour Paris le jeudi 23 au soir. Arrivée Paris, 7h40. Je vous dis à tous à bientôt. Soit en direct soit peut-être encore par mail. Veloma. Camille
Suite
|
|
 |
|
|
 |