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| CARNET DE VOYAGE - Air Yougoslave - 25 décembre 2003 à Skopije |
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La place de Kraljevo est vide. Ceux qui ne dorment pas se sont enfouis dans une grande pièce au rez-de-chaussée du Casino. L'entrée d'un motel est a côté. Un grand hall vide et poussiéreux, l'aubergiste donne les clefs de la chambre 208. L'infini couloir du second étage est vide et silencieux. Toutes les portes se ressemblent. Sur le mur de la chambre est suspendu un vieux tableau aux couleurs puisées. Par la fenêtre, des néons blancs éclairent une ronde "Place Rouge". Dernières villes de la Serbie intérieure, ici beaucoup de réfugies Serbes ont quitté le Kosovo pour échapper aux massacres de la guerres. |
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Un matin silencieux, la gare routière de Skopije sommeille au bord de la Vardar. J'imite les patients en m'acquittant d'un bout de chauffage. Un bus sort de la ville et va jusqu'a Kumanovo. Mais je préfère descendre à Klescevce. Des villageois y installent les tables du marché. Le bourg doit compter quelques centaines de Macédoniens emmitouflés dans leurs longs et élégants manteaux. Je rêvasse dans ce quotidien spectacle d'un jour d'hiver au reflet de la Kriva.
Pristina, ville de contrastes et de paradoxes. Son coeur bat grâce aux générateurs d'électricité. Les coupures sont différentes selon les quartiers, de une heure par jour a Velania à deux ou trois heures dans les quartiers désaxés. Des rues sales et boueuses, des immeubles défoncés, des maisons fantômes sont cachées à l'intérieur de quartiers résidentiels. Pourtant la ville est remplie de vies. Sur le grand boulevard Clinton, un véhicule sur trois appartient aux diverses et nombreuses organisations internationales. Des Turcs aux Népalais, du Japon à la Finlande, l'intervention internationale est omniprésente. Dans ses sirènes et ses fractures, la ville s'ouvre à l'occident. De jeunes clients remplissent des bars stylisés, des magasins de mode et discothèques. Sur les trottoirs, des vendeurs s'approvisionnent du plus nécessaire, gants et bonnets contre le froid. La ville est embellie grâce aux soigneuses et prétentieuses kosovardes. Elles brillent même sous des néons en panne et des trottoirs de marais.
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Photo : Bord de la Kriva
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